Introduction :
La guerre civile espagnole se déroula de juillet 1936 à mars 1939. Elle opposée le champ des nationalistes (fascistes) au camp des républicains (révolutionnaires). Au final ce sont les nationalistes qui ont remportés la victoire avec à leurs tête Franco. Les morts franquistes furent représentés en temps que héros et les morts républicains furent condamnés à l’oubli.
Wikipédia
Cette guerre fut très violente et tristement célèbre comme théâtre de multiples exactions.
Le nombre de victimes reste difficile à quantifier. Dans les deux camps, on a pu parler d’un million de morts (chiffre énorme pour un pays de 26 millions d’habitants), mais ce chiffre est largement considéré comme exagéré.
Actuellement, les estimations les plus sérieuses varient entre 380 000 et 451 000 morts. Les chiffres suivants sont donc des estimations :
– 100 000 à 285 000 soldats morts au combat (pertes militaires directes)
– 10 000 à 150 000 civils morts des bombardements
– 40 000 à 200 000 exécutions en zone nationaliste
– 20 000 à 86 000 exécutions en zone républicaine
– 30 000 à 200 000 exécutions par le gouvernement franquiste entre 1939 et 1943.
Espagne-facile.com
En zone nationaliste
La guerre d’Espagne a été particulièrement violente, surtout lors des grandes batailles (Teruel, mais surtout bataille de l’Èbre). Mais la guerre a également été marquée par des tueries en dehors des combats à proprement parler. Il y a eu des exécutions, parfois sommaires, parfois organisées et même précédées de jugements hâtifs. Lors de cette « révolution » des atrocités sont commises de part et d’autres. Les militaires fidèles au gouvernement sont les premières victimes partout où les rebelles prennent le pouvoir (hors de tout combat). Il s’ensuit le massacre des militants et sympathisants des syndicats et organisations de gauche à partir de listes établies à l’avance. Au fur et à mesure de la progression des troupes rebelles et de la prise des villes et villages au tout début de la guerre, les militants et sympathisants de la République sont systématiquement arrêtés, emprisonnés ou fusillés. Ce seront ainsi des dizaines de milliers de victimes qui seront exécutées sommairement.
Un des plus grands massacres collectifs a lieu les 14 et 15 août 1936 à Badajoz en Estrémadure, où de nombreux miliciens désarmés sont sommairement fusillés, lorsque les nationalistes s’emparent de la ville. Ce massacre a été révélé pour la première fois par deux journalistes français et un journaliste portugais. Le bilan est à l’époque évalué à 2 000 victimes, mais il est, selon Hugh Thomas, plus proche de 200. Suite au ralliement de l’église catholique et des démocrates-chrétiens aux nationalistes (la croisade), les religieux ont participé activement à la dénonciation et à la répression des partisans républicains.
Les lettres de dénonciations des républicains sont tellement nombreuses que le système de jugement du gouvernement est accéléré et que le temps d’attente avant la sentence passe de 15 ans à 2 ans.
En zone républicaine
Les massacres des opposants commencent dès le début de la rébellion. L’appartenance sociale ou politique suffit la plupart du temps dans l’acte d’accusation pour justifier une exécution. Ce fut le cas par exemple pour les officiers de la garnison de Lerida, les officiers de la base navale de Minorque et ceux de Carthagène. Ce fut aussi le cas pour les députés de droite pourchassés en zone républicaine et dont 24 sont exécutés.
Les prêtres et les religieuses sont parmi les autres principales victimes de ces tueries, notamment en Catalogne. D’après Antonio Montero, 13 évêques, 4 184 prêtres, 2 365 moines et 283 religieuses ont été assassinés pendant cette période. A partir du 23 août, des tribunaux populaires donnent un formalisme juridique aux exécutions. Des commissions d’épuration sont mises en place afin de recenser les suspects à partir de leurs antécédents sociopolitiques. Durant l’été 1936, de 7 000 à 8 000 religieux (prêtres, nonnes) ainsi que 2 000 phalangistes sont massacrés en zone républicaine, hors de tout combat, sans que le gouvernement légal ne condamne un seul instant ces crimes commis par ses propres partisans des milices syndicales (« les patrouilles de l’aube ») et sans que cela soit en représailles de fusillade du camp adverse. Des actes d’une grande violence frapperont notamment les religieuses ou les jeunes filles des organisations catholiques tombées entre les mains des Républicains. La conséquence immédiate sera le ralliement de nombreux centristes catholiques aux militaires insurgés.
A Madrid, entre 1936 et 1939, selon César Vidal près de 15 000 personnes auraient été fusillées. Des exécutions sommaires massives ont lieu à partir notamment du 22 août 1936, et coûtent la vie à plusieurs anciens ministres de la République comme José Martínez de Velasco, Manuel Rico, Ramón Álvarez ainsi qu’à Melquíades Álvarez, chef du parti libéral-républicain et Fernando Primo de Rivera, frère du fondateur de la phalange. Les détenus politiques de Jaen transférés vers Madrid sont exécutés en cours de chemin. A Malaga, le 30 septembre, 130 personnes sont fusillées.
Du 2 au 6 novembre 1936, cinq mille personnes sont fusillées à Paracuellos et Torrejón de Ardoz, et enterrées dans des fosses communes. Les victimes sont à la fois des détenus madrilènes évacués de la ville, des étudiants d’un collège catholique et les membres de familles aisées de la ville. Les responsables seraient, selon certains historiens, Margarita Nelken, une députée socialiste et Santiago Carrillo, qui continue de nier le rôle qui lui est attribué dans ces massacres.
A partir de mars 1937, les victimes des massacres des républicains vont davantage concerner le camp républicain lui-même. En effet, les tensions au sein même de l’Espagne républicaine conduiront à des affrontements internes sanglants (d’un côté anarchistes et communistes hétérodoxes, de l’autre le PSUC - parti inféodé à l’URSS stalinienne), qui conduiront à la chute de Barcelone. L’affrontement principal au sein du camp républicain a lieu en mai 1937 et aboutit à l’écrasement par les armes du courant révolutionnaire.
Ces conflits internes qui ont vu les partisans libertaires et ceux du Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM) massacrés par des groupes d’intervention soviétiques soutenus par le NKVD expliquent pour une large part la dégradation de l’assise républicaine, incapable de reconquérir le terrain perdu sur les nationalistes.
Ladepeche.fr
Soixante-douze ans après le soulèvement nationaliste de Franco qui plongea le pays dans la guerre civile, la justice espagnole veut réhabiliter les victimes de la dictature.
Baltasar Garzon, le juge de l’Audience nationale, principale instance espagnole, va se tourner vers les institutions pour faire parler des archives parfois demeurées secrètes. Cette recherche devrait permettre à terme d’élaborer un fichier des disparus estimés à plusieurs milliers. La démarche sera longue et exige qu’on se livre à un travail d’investigations à partir des registres de l’administration, des mairies, de la Conférence épiscopale ou du ministère de la Défense.
Annoncée lundi par la justice espagnole, cette décision pourrait bien aboutir à l’ouverture éventuelle d’une enquête aussi « émouvante que historique », selon Emilio Silva, le président de l’association pour la récupération de la mémoire historique (Armh). L’objectif du magistrat est de récolter suffisamment d’informations sur les morts durant la guerre civile pour donner éventuellement suite aux plaintes présentées par treize associations.
« Ce que veulent aujourd’hui les parents, c’est que l’État assume sa responsabilité, s’engage à les aider pour la localisation et la récupération des corps des victimes », explique à son tour Francisco Folch, républicain exilé à Toulouse, ancien président de l’association des combattants espagnols.
Des décennies après l’exil et les disparitions forcées, le spectre des morts hante toujours les descendants. Mais les plaignants n’ont pas forcément de compte à régler ; ils ne partent pas à la recherche de coupables et n’exigent pas non plus de compensations financières. En fait, ils veulent être aidés dans cette quête du souvenir pour qu’on honore un jour officiellement la mémoire de milliers d’anonymes.
En rouvrant ce dossier, ne prend-on pas le risque de raviver des cicatrices mal refermées ?
C’est ce que tente d’expliquer le Parti populaire toujours prompt à exploiter une fracture possible entre les deux Espagne. « En tant qu’historien, je ne peux que me féliciter de la démarche de la justice espagnole. Tant que les familles seront à la recherche de disparus, on ne pourra tirer un trait sur cet épisode de l’histoire. Mais ce sera long. On a déjà retrouvé des victimes dans des fosses communes. ça pose une série de questions. Il faut identifier les corps, procéder à des recherches ADN très coûteuses » dit Jean-François Berdah . Qui va payer ? L’État, les associations ?
Pourquoi cette décision surgit-elle maintenant ?
Sans doute était-il trop tôt. Avec Felipe Gonzales, le contexte était différent et encore très tendu. Il s’agissait d’assurer d’abord la stabilité, l’enracinement de la toute nouvelle démocratie. Avec Zapatero, il y a une volonté de laïciser la société, de renouer avec certains principes défendus dans la démocratie des années trente. C’est un retour sur l’histoire.
France2.fr
Franquisme : l’enquête du juge Garzon bloquée :La justice espagnole a décidé vendredi de bloquer les ouvertures de fosses communes ordonnées par le juge Garzon
Une formation de juges de l’Audience nationale a accédé par 10 voix contre 5 à une demande du parquet en ce sens.
Le juge Baltasar Garzon a suscité une controverse en Espagne en ouvrant le 16 octobre la première instruction jamais menée sur les "disparus" républicains de la guerre civile (1936-39) et du franquisme (1939-75).
Cette instruction est suspendue, le temps que la justice se prononce sur le bien-fondé juridique d’une enquête sur les "crimes contre l’humanité" du franquisme.
Le parquet espagnol s’était opposé à l’ouverture de l’enquête et avait déposé un recours. L’instruction du juge Garzon procéderait d’une "sorte d’inquisition générale incompatible avec les principes (...) d’un État de droit comme celui consacré par la Constitution espagnole", avait estimé le procureur en chef de l’Audience nationale, Javier-Alberto Zaragoza dans son recours.
L’audience nationale, plus haute instance pénale espagnole, dont dépend le juge Garzon, n’a "pas la compétence pour cette enquête", estime le parquet, qui conteste la qualification des faits comme crimes contre l’humanité. Ce concept juridique n’existait pas au moment des faits, argue le parquet. Le ministère public estime par ailleurs que le nouvelle loi de la Mémoire historique de 2007 offre le cadre "adéquat pour le rétablissement et la protection des droits des victimes".
Une association fouille une fosse commune où sont enterrées des victimes du franquisme à Elvira (Espagne), en août 2005
Conclusion :
Le nombre de morts du conflit continue de faire débat, mais de nombreux historiens l’évaluent entre 500 000 et 800 000 personnes. Parmi celles-ci, beaucoup de civils qui furent fusillés à l’arrière et enterrés anonymement dans des fosses communes ou sur le bas-côté des routes. Au total, entre la guerre et l’après-guerre, la répression franquiste aurait fait quelque 130 000 victimes, selon les calculs de l’historien Francisco Espinosa. Et, sur ce nombre, les corps de 30 000 à 50 000 personnes n’ont toujours pas été localisés ou identifiés. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui les “disparus du franquisme”. A partir de la fin des années 1990, des familles de disparus, bientôt aidées par des associations d’historiens et d’archéologues bénévoles, lancent des recherches pour localiser les fosses communes et identifier les corps. Le mouvement prend de l’ampleur en 2000 grâce à l’Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH) et à son fondateur, Emilio Silva, qui parvient à retrouver les restes de son grand-père*. Depuis cette date, les associations - aujourd’hui au nombre de 200 - ont ouvert 171 fosses anonymes et exhumé 4 054 dépouilles.
Projectibles