Grandeur et misère de l'Amérique



    L'Amérique impériale est omniprésente dans les média (guerre, culture, économie,...). Son pouvoir d'attraction est intimement lié aux mythes qu'elle a su façonner. Ces deux premières expositions, chacune à sa manière, racontent des histoire édifiantes, l'histoire de l'ascension sociale d'un homme devenu Président des Etats-Unis et, peut-être par cela même, de la rédemption (revanche ?) raciale des noirs (« Barak Obama » de Callie Sheel); l'histoire de la déchéance de la vieille classe ouvrière américaine, de la misère qui touche ceux qui étaient au cœur de l'ancien système de production et de ses valeurs (« Upstate Girls. Ce qu'il advint de collar City » de Brenda Ann Kenneally).

    La troisième exposition « Only in America » François Le Diascorn peut permettre de « sortir » de ces deux enquêtes de terrain et d'aborder la complexité et la diversité du mythe américain, les « autres faces » de l'Amérique


Niveau : 3ème de collège, lycée en français, histoire/géographie arts plastiques et Cdi


Avant l'exposition



« Barak Obama » de Callie Sheel pour Times Magazine à l'Église des Dominicains (42 photos)


Callie Sheel a suivi Obama depuis le début comme témoin d'une alors improbable réussite. La photographe raconte à la première personne dans les légendes accompagnant les photos l'histoire édifiante de l'ascension extraordinaire d'une homme et en montre en même temps les raisons (son charisme, sa gentillesse, sa capacité de travail, ses doutes,..) en jouant adroitement sur l'axe privé/public. Même si elle refuse de le reconnaître, le témoignage de Callie Sheel construit la légende et s'inscrit dans une stratégie médiatique parfaitement réglée. La dimension religieuse du reportage n'est pas a négliger (« Obama le chemin de croix ») surtout en rapport avec la cadre de l'exposition.




Questions





« Upstate Girls. Ce qu'il advint de collar City » de Brenda Ann Kenneally) (53 photos)


L'exposition montre les effets destructeurs de la crise et de la mondialisation sur la classe ouvrière américaine. Elle s'inscrit explicitement dans une démarche militante et engagée ( Brenda Ann Kenneally vient de ce milieu et est manifestement « féministe »). Les textes de légende expliquent à la fois ce qu'on voit sur les photos et en donne les raisons. A la différence de Shell, Keannnely suit un sujet collectif, les femmes d'une cité ouvrière en crise.

On peut sentir un « décalage » entre le projet présenter ci-dessus et le côté « choquant » de photographies manifestement mises en scène et le malaise que cela peut provoquer. Certaines photographies sont « obscènes », voire « pornographiques » ou peuvent être ressenties comme telles. Avancer avec précaution...


Questions






Les photographies de François Le Diascorn ne constituent pas un reportage comme les deux premières. Elles ont été prises à des périodes et à des endroits divers. Comme le titre l'indique, l'unité ici, c'est l'Amérique et ce qu'elle a de diversité et de vraiment unique. Au réalisme est ici mélangé de l'insolite et du fantastique et les brèves légendes laissent beaucoup de place à l'imagination. Avec, en plus, le noir et blanc, ont a souvent une impression d'intemporalité (« L'Amérique éternelle ? »). La démarche est également bien différente et c'est son intérêt après les expositions de Shell et de Keannely. Il serait intéressant de reposer ici la question de l'engagement du photographe dans son sujet, ainsi que celle du genre utilisé (documentaire ?)


Questions





Mick Miel (9 septembre 2009)