Grandeur et misère de l'Amérique
« Barak Obama » de Callie Sheel pour Times Magazine à l'Église des Dominicains
« Upstate Girls. Ce qu'il advint de collar City » de Brenda Ann Kenneally Prix Canon de la femme journaliste au Couvent des Minimes
« Only in America » François Le Diascorn pour Rapho/Eyedea au Castillet
L'Amérique impériale est omniprésente dans les média (guerre, culture, économie,...). Son pouvoir d'attraction est intimement lié aux mythes qu'elle a su façonner. Ces deux premières expositions, chacune à sa manière, racontent des histoire édifiantes, l'histoire de l'ascension sociale d'un homme devenu Président des Etats-Unis et, peut-être par cela même, de la rédemption (revanche ?) raciale des noirs (« Barak Obama » de Callie Sheel); l'histoire de la déchéance de la vieille classe ouvrière américaine, de la misère qui touche ceux qui étaient au cœur de l'ancien système de production et de ses valeurs (« Upstate Girls. Ce qu'il advint de collar City » de Brenda Ann Kenneally).
La troisième exposition « Only in America » François Le Diascorn peut permettre de « sortir » de ces deux enquêtes de terrain et d'aborder la complexité et la diversité du mythe américain, les « autres faces » de l'Amérique
Niveau : 3ème de collège, lycée en français, histoire/géographie arts plastiques et Cdi
Avant l'exposition
Lecture de la presse à la recherche des différents visages de l'Amérique (photos et textes). Présentation de ces recherches en classe et repérages des thèmes trouvés.
Recherche sur le photojournalisme et le festival Visa pour l'image de Perpignan. Qu'est-ce que c'est ? Comment ça fonctionne ? Son rôle dans les média (presse écrite, télévision). Et pourquoi des expositions de photos de presse dans un musée ? Quel effet ?
Brève présentation des expositions avec le programme et recontextualisation en Histoire et Géographie: les élections américaines et les guerres du gouvernement conservateur (espoir, question raciale), la crise et la mondialisation (la déchéance de la vieille classe ouvrière). L'Amérique.
Rappel du vocabulaire de l' image (cadre, plan, angle, profondeur,...) et de la composition à partir de la lecture de deux photographies prise dans les expositions à visiter « La cène » de Callie Sheel et « La vierge et l'enfant » de Brenda Ann Kenneally. Objectif : faire prendre conscience que ces photos s'inscrivent dans une tradition, sont travaillées par une histoire et des représentations, « ont déjà une place dans notre tête ».
« Barak Obama » de Callie Sheel pour Times Magazine à l'Église des Dominicains (42 photos)
Callie Sheel a suivi Obama depuis le début comme témoin d'une alors improbable réussite. La photographe raconte à la première personne dans les légendes accompagnant les photos l'histoire édifiante de l'ascension extraordinaire d'une homme et en montre en même temps les raisons (son charisme, sa gentillesse, sa capacité de travail, ses doutes,..) en jouant adroitement sur l'axe privé/public. Même si elle refuse de le reconnaître, le témoignage de Callie Sheel construit la légende et s'inscrit dans une stratégie médiatique parfaitement réglée. La dimension religieuse du reportage n'est pas a négliger (« Obama le chemin de croix ») surtout en rapport avec la cadre de l'exposition.
Questions
De quoi est fait une journée d'Obama ? Repérer les moments, les lieux, les scènes »
Public et privé, repérer les moments de solitude, de famille par rapport à ceux de foules et d'engagement dans la sphère publique
Blanc et noir. Quel rôle dans cette exposition ?
Que voit-on devant Barack lorsqu'il est de dos ?
Réfléchir à la manière dont ces photos ont pu être prises.
Est-ce naturel ou fabriqué (mettre en rapport avec la déontologie du métier) ?
Faire attention au cadrage et à l'angle de prise de vue. Quels sont les cadrages et les angles les plus souvent utilisés ? Pourquoi ?
Quels sont les couleurs dominantes ?
Quels effets cela produit-il ?
« Upstate Girls. Ce qu'il advint de collar City » de Brenda Ann Kenneally) (53 photos)
L'exposition montre les effets destructeurs de la crise et de la mondialisation sur la classe ouvrière américaine. Elle s'inscrit explicitement dans une démarche militante et engagée ( Brenda Ann Kenneally vient de ce milieu et est manifestement « féministe »). Les textes de légende expliquent à la fois ce qu'on voit sur les photos et en donne les raisons. A la différence de Shell, Keannnely suit un sujet collectif, les femmes d'une cité ouvrière en crise.
On peut sentir un « décalage » entre le projet présenter ci-dessus et le côté « choquant » de photographies manifestement mises en scène et le malaise que cela peut provoquer. Certaines photographies sont « obscènes », voire « pornographiques » ou peuvent être ressenties comme telles. Avancer avec précaution...
Questions
Combien y a-t-il d'histoires différentes dans cette exposition ? Les liens de parenté, les hommes, les femmes, les enfants, les « races » ?
Relever les lieux, privé/public, intérieur/extérieur, haut/bas (fonds) pour « cartographier » l'univers de ces femmes.
Réfléchir à la manière dont ces photos ont pu être prises.
Est-ce naturel ou fabriqué (mettre en rapport avec la déontologie du métier) ?
Faire attention au cadrage et à l'angle de prise de vue. Quels sont les cadrages et les angles les plus souvent utilisés ? Pourquoi ?
Quels sont les couleurs dominantes ?
Quels effets cela produit-il ?
Y a-t-il certaines photos qui sont « dérangeantes » ? Lesquelles ? Pourquoi ?
Les choix « esthétiques » vous semblent-ils en rapport avec le projet politique ?
« Only in America » François Le Diascorn pour Rapho/Eyedea au Castillet (38 photos)
Les photographies de François Le Diascorn ne constituent pas un reportage comme les deux premières. Elles ont été prises à des périodes et à des endroits divers. Comme le titre l'indique, l'unité ici, c'est l'Amérique et ce qu'elle a de diversité et de vraiment unique. Au réalisme est ici mélangé de l'insolite et du fantastique et les brèves légendes laissent beaucoup de place à l'imagination. Avec, en plus, le noir et blanc, ont a souvent une impression d'intemporalité (« L'Amérique éternelle ? »). La démarche est également bien différente et c'est son intérêt après les expositions de Shell et de Keannely. Il serait intéressant de reposer ici la question de l'engagement du photographe dans son sujet, ainsi que celle du genre utilisé (documentaire ?)
Questions
Relever les lieux et les date des différentes photographies. De quelle Amérique s'agit-il ?
Beaucoup de photos sont presque des « clichés » (c'est leur côté fantastique qui les sauve). Repérer les différentes scènes (communautés, situations, thèmes...)
Qu'y a-t-il d'étrange et d'amusant dans cette exposition ?
Quels sont les cadrages et les angles les plus souvent utilisés ? Pourquoi ?
Pourquoi le noir et blanc ?
Quels effets cela produit-il ?
Mick Miel (9 septembre 2009)